Parc naturel régional de Brotonne

 
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Historique Le val de Seine
Le pays de Caux Le Roumois
Le Marais Vernier La vallée de la Basse-Risle
       
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Historique

La région s'intègre dans le site géologique du Bassin parisien. La mer, qui la recouvrait au jurassique et au crétacé, a laissé une épaisse couche de sédiments : le plateau calcaire et crayeux normand. Au quaternaire, la région se soulève ; la Seine s'enfonce dans le plateau en creusant des méandres. Au bas des falaises s'accumulent des éboulis, dépôts meubles entraînés par les eaux d'infiltration.

 

Des Vikings aux Normands.

La vallée de la Seine est une voie de commerce utilisée depuis le néolithique. Au VIIe siècle, de nombreuses abbayes égrènent le cours du fleuve. Elles auront à souffrir des invasions scandinaves au IXe siècle, mais s'épanouissent à nouveau au Xe siècle. Liée au monde viking au haut Moyen Âge, la région est englobée dans le royaume anglo-normand, puis dans le royaume de France (XIIIe siècle). Rouen et la vallée de la Seine, marqués par la guerre de Cent Ans, doivent attendre le XVIe siècle pour retrouver leur vocation maritime et marchande. La Normandie, alors à son apogée économique, est et sera longtemps considérée comme la région la plus riche de France. Au XXe siècle, la basse Seine joue la carte de l'industrie (métallurgie, pétrochimie, automobile...), équilibrée par le maintien de l'agriculture traditionnelle (vergers, élevage) le long du parc de Brotonne.

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Le val de Seine

La Seine coupe en deux le plateau crayeux normand. Ses méandres, par leurs divagations, ont donné lieu à de larges dépôts alluvionnaires qui forment, sur le territoire du parc, cinq larges boucles et presqu'îles (Roumare, Anneville, Jumièges, Brotonne et Norville). Le contraste est fort entre les deux rives.

 

Rives concaves.

Creusées en pente abrupte dans la falaise crayeuse, elles se couvrent de pelouses sèches, où s'introduisent orchidées et insectes, parfois d'origine méditerranéenne. L'habitat est souvent regroupé en haut de falaise.

 

Lobes convexes.

Sur leurs pentes douces, tapissées d'alluvions, se succèdent prairies humides, bocages, vergers et forêts. Les granulats - sables et graviers -, abandonnés par la Seine durant les périodes froides, sont intensivement exploités pour le béton et les chantiers routiers, souvent aux dépens des prairies humides, jadis réservées au pacage estival des bêtes. Dans la boucle de Jumièges, favorisée par un microclimat dû à la présence du fleuve, s'épanouit une arboriculture diversifiée (cerises, poires, prunes, pommes).

 

La forÊt de Brotonne.

Ce massif, le plus important du parc (6 750 ha), déborde en partie sur le Roumois. Les futaies sont dominées par le hêtre : le chêne fut surexploité pour les besoins de la navigation et de la construction urbaine au XIXe siècle, et remplacé sur un quart de la surface par le pin sylvestre. Le gibier abonde (cerf, chevreuil, sanglier, lièvre, lapin) et les sols, aux humus doux, sont revêtus au printemps d'un tapis caractéristique de jacinthes des bois.

 

Villes et musées.

L'église Notre-Dame (XVe siècle) de Caudebec-en-Caux fut qualifiée par Henri IV de «plus belle chapelle du royaume». Dans la ville, le musée de la Marine de Seine évoque l'importance de l'activité fluviale et la maison des Templiers est consacrée à l'histoire locale. À Villequier, une demeure du XIXe siècle abrite le musée Victor-Hugo (c'est ici que Léopoldine se noya dans la Seine). Un sentier historique permet de découvrir les richesses du village de Vatteville, habité depuis l'époque gallo-romaine. Le château d'Ételan offre un bel exemple de manoir de la fin du XVe siècle normand.

 

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Le pays de Caux

Plateau crayeux recouvert de riche limon et surplombant la Seine d'une centaine de mètres au nord, le pays de Caux est marqué par un paysage de champs ouverts parsemé de clos-masures. L'agriculture y est dominée par les cultures (céréales et lin) et l'élevage pour la viande. Us et coutumes traditionnels cauchois sont présentés au musée du pays de Caux d'Yvetot.

 

Allouville-Bellefosse.

La cité est surtout réputée pour son chêne millénaire, abritant depuis le XVIIe siècle deux chapelles superposées. Un musée de la Nature sensibilise les visiteurs aux problèmes de pollution du littoral.

 

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Le Roumois

Blottie entre la Seine et la Risle, la partie sud du plateau crayeux est essentiellement consacrée à l'agriculture (céréales, colza, betterave à sucre, lin et élevage pour le lait). Jadis bocagé, le paysage, remembré, a évolué vers de grands champs ouverts : du passé subsistent encore quelques alignements de frênes sur la plaine et des haies bocagères le long de la forêt de Brotonne.

 

Bourneville.

Le bourg abrite la Maison des métiers du parc, conservatoire des métiers traditionnels, qui constitue avec les autres musées du parc l'Écomusée de la Basse-Seine.

 

Routot

Ce chef-lieu de canton possédait, du XVIe au XIXe siècle, un des plus gros marchés aux bestiaux du Roumois ; tous les mercredis y étaient mis en vente les bovins destinés aux abattoirs de Rouen ou de Poissy. Au centre d'une zone de production linière, le village se signale également par sa Maison du lin en Normandie. À quelques kilomètres, se dresse le moulin de Hauville, l'un des premiers moulins à vent de France (XIIIe siècle).

 

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Le Marais Vernier

Dans cette cuvette de 4 500 ha, ancien méandre de la Seine, s'enchevêtrent roselières, prairies humides et tourbières. Là où les terrains s'affaissent le plus, la stagnation des eaux a entraîné la création d'un réseau d'étangs, les seuls étangs naturels de Haute-Normandie : Grand-Mare, Crevasse, Ruel et Petite-Mare. Les premiers travaux d'assèchement furent commandés par Henri IV et se poursuivirent au XIXe siècle. Le caractère aquatique du marais a ainsi pratiquement disparu. L'agriculture traditionnelle (vergers, élevage, exploitation des roseaux...) est elle aussi en recul.

 

Réserve des Mannevilles.

Pour maintenir la richesse des milieux humides et lutter contre l'envahissement des joncs, des vaches écossaises (Highland Cattle) ont été introduites dans cette partie du marais. Depuis 1992, la cigogne blanche y a été également introduite, et le râle des genêts, oiseau inféodé aux prairies humides en régression en Europe à cause des fauches mécanisées trop précoces, y trouve un de ses derniers refuges.

La Grand-Mare.

Point le plus bas du système hydraulique du Marais Vernier, la Grand-Mare était jadis exploitée pour ses roseaux et sa tourbe. Menacée par l'extension des roselières, elle est aujourd'hui classée réserve de chasse et de faune sauvage. Un observatoire permet d'admirer sarcelles d'hiver, colverts, busards des roseaux ou hérons cendrés.

 

Maison de la pomme.

Elle occupe une ancienne école du XVIIIe siècle de Sainte-Opportune-la-Mare ; sur la commune, une forge traditionnelle est toujours en activité.

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Quillebeuf-sur-Seine.

Un sentier historique sillonne ce port qui joua un grand rôle dans la navigation séquanaise.

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La vallée de la Basse-Risle

 

 

La Risle.

Elle serpentait jadis en une multitude de courbes et la navigation y était particulièrement difficile. En 1834, des travaux d'aménagement y furent entrepris mais il fallut attendre 1856 pour qu'une ligne régulière assure la liaison Pont-Audemer - Le Havre. Jusque dans les années 1970, les bateaux remontèrent ainsi la rivière, au rythme des marées, jusqu'à Pont-Audemer. Un sentier historique permet de visiter la ville, parcourue par les canaux et les bras de la Risle.

 

Prairies et pelouses.

La rivière est bordée sur sa rive droite par des paysages de prairies humides et inondables, quadrillées par des alignements de frênes et de saules taillés en têtard. Ces prairies, d'un intérêt écologique de tout premier ordre, sont peu à peu envahies par les peupleraies. Rive droite, les coteaux calcaires, exposés au sud, se couvrent de plantes aux affinités méditerranéennes (orchidées, astragale de Montpellier, thym...). Ces pelouses sèches risquent elles aussi l'enfrichement à cause de l'abandon de toute pratique agricole : une graminée envahissante, le brachypode penné, colonise le milieu au détriment des espèces plus rares.

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Le phare de la Roque.

Ce promontoire dominant la confluence Seine-Risle fut le siège d'un camp retranché protohistorique, réutilisé pendant la guerre de Cent Ans. Un chemin, aménagé à proximité, domine l'estuaire et offre une vue dégagée jusqu'à Honfleur.

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A la loupe

 

La route des abbayes

La vallée de la Seine, axe séculaire de communication, abrite les vestiges de nombreuses abbayes médiévales. Saint-Georges de Boscherville, édifiée au IXe siècle sur un sanctuaire païen, fut reconstruite au XIIe siècle par les bénédictins et illustre parfaitement le style roman normand (porche massif doté de tours précédant une nef non voûtée). L'abbaye de Jumièges (à droite), fondée au VIIe siècle, fut relevée aux Xe et XIe siècles ; l'église Notre-Dame, terminée en 1067, s'inspire sans doute d'une structure carolingienne (tribune dans le mur de façade). L'abbaye de Saint-Wandrille, enfin, puissante à l'époque carolingienne, fut abandonnée à la fin du IXe siècle etréoccupée en 960. Elle fut réorganisée au XVIIe siècle mais profondément endommagée au siècle dernier.

 

Caudebec-en Caux

La ville, vue par Eugène Boudin, s'étale paresseusement le long du fleuve. La cité, grâce à son port de pêche et de commerce, fut particulièrement active au Moyen Âge. Le spectacle du mascaret y attira longtemps artistes et touristes.

 

Le clos-masure cauchois

Dans ce plan-modèle de ferme, peut-être établi au XVIIIe siècle, les bâtiments en pan de bois, torchis et couverture de chaume sont dispersés sur une parcelle enclose et plantée de 1 à 5 ha de pommiers, représentant idéalement un dixième de l'exploitation. Dépendances destinées aux animaux et granges s'y côtoient ; l'ensemble est clos de talus surmontés d'une double rangée de hêtres.

 

Feu de joie à La Haye-de-Routot

Tous les ans, le 16 juillet, la petite ville roumoise s'éclaire à la lueur de son traditionnel feu de Saint-Clair. La Haye-de-Routot est également connue pour les deux ifs millénaires de son cimetière. Dans leurs troncs, des chapelles ont été aménagées au siècle dernier. En face, un musée du Sabotier est installé dans une maison du Roumois du XVIIe siècle ; un four à pain, remis en fonctionnement, y cuit du pain à l'ancienne.

 

La pomme

Comme dans toute la Normandie, la pomme est ici l'arbre dominant dans les vergers. Certaines variétés, dites pommes à couteau, sont réservées à la table, d'autres, les pommes à cidre, à la fabrication du cidre, du calvados et du pommeau. Un marché aux pommes se tient à Sainte-Opportune-la-Mare tous les premiers dimanches, de novembre à avril.

 

Le lin

Le lin, qui réclame des terres très fertiles et qu'on ne peut semer qu'une fois tous les sept ans à la même place, a trouvé en Haute-Normandie une terre de prédilection grâce à l'humidité du climat : la région fournit ainsi la moitié des surfaces européennes plantées en lin. Pendant trois à huit semaines, en juillet-août, les campagnes se couvrent de nappes de lin arraché, mis à sécher sur le sol avant de subir le rouissage qui consiste à séparer la partie ligneuse de la tige (destinée aux aliments pour le bétail, à l'huile...) de la fibre textile.

 

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